Texte intégral de Michel Hanson aux invités au souper de la 6ième édition du tournoi de golf du Musée le 28 mai 2002

MESDAMES, MESSIEURS, BONSOIR.  

VOULEZ-VOUS BIEN ME DIRE CE QUE JE FAIS ICI ?…  QUAND MICHEL FLAGEOLE M’A DEMANDÉ DE VENIR VOUS RENCONTRER, CE SOIR, JE ME SUIS DEMANDÉ S’IL N’ÉTAIT PAS TOMBÉ SUR LA TÊTE.  APRÈS TOUT, JE SUIS LOIN D’ÊTRE UNE VEDETTE.  EN DEHORS DE MA FAMILLE, À PEU PRÈS PERSONNE NE ME CONNAÎT.

IL N’Y EN A PLUS BEAUCOUP QUI SE SOUVIENNE DE MOI EN SPORT AUTOMOBILE.  POURTANT VOUS DEVEZ BIEN VOUS DIRE QUE J’AI QUELQUE CHOSE À VOIR AVEC GILLES VILLENEUVE.  ALORS, LAISSEZ-MOI VOUS EXPLIQUER.

DE 1972 À 1981 INCLUSIVEMENT, J’AI ÉTÉ PRÉPOSÉ AU DÉPART POUR LES FÉDÉRATIONS QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE DU SPORT AUTOMOBILE.  J’AI AGITÉ MES DRAPEAUX SUR TOUS LES CIRCUITS DU QUÉBEC :  DE SANAIR À DEUX-MONTAGNES, DU GRAND PRIX DE TROIS-RIVIÈRES À CEUX DE QUÉBEC ET DE SAINT-FÉLICIEN, DU CIRCUIT DU MONT-TREMBLANT AU GRAND PRIX DU CANADA À MONTRÉAL.

LE « STARTER » AVAIT ALORS RESPONSABILITÉ DE TOUT CE QUI SE PASSAIT EN PISTE, À COMPTER DU MOMENT OÙ LES VOITURES S’Y ENGAGEAIENT, JUSQU’À CE QU’ELLES EN SORTENT.  IL DIRIGEAIT ÉVIDEMMENT LES PROCÉDURES DE DÉPART QU’IL TRANSMETTAIT AUX PILOTES, LORS D’UNE RENCONTRE D’AVANT-COURSE.  VÉHICULES D’URGENCE, AMBULANCES, DÉPANNEUSES, VOITURE OFFICIELLE, ÉTAIENT SOUS SON CONTRÔLE.  C’ÉTAIT AUSSI L’ÉPOQUE OÙ IL DESCENDAIT SUR LA PISTE POUR DONNER LE DRAPEAU À DAMIER.  SON IMPLICATION CONSTANTE DANS LE DÉROULEMENT DE LA COURSE EN FAISAIT UN OFFICIEL BIEN CONNU DES COUREURS.

ET C’EST AINSI QUE J’AI PU RENCONTRER GILLES VILLENEUVE, À SANAIR, LORS DE SA COURSE DE QUALIFICATION POUR L’OBTENTION D’UNE LICENCE DE PILOTE.  J’AI COMMENCÉ À LE CONNAÎTRE MIEUX LORSQU’IL A PARTICIPÉ AU CHAMPIONNAT DE FORMULE FORD DU QUÉBEC.

À PROPOS, PEU DE GENS SE SOUVIENNENT DU NOM DU CHAMPION RÈGNANT DE CETTE ANNÉE-LÀ.  C’ÉTAIT UN EXCELLENT PILOTE, UN COUREUR D’EXPÉRIENCE, UN ROUQUIN BIEN CONNU DANS LE MILIEU, ET QUI AVAIT POUR NOM :  GILLES VILLENEUVE !  NON, NON…  PAS LE GILLES VILLENEUVE DE BERTHIER !  PAS CELUI POUR QUI NOUS SOMMES ICI CE SOIR.  NON !  C’ÉTAIT UN AUTRE GILLES VILLENEUVE, DE CHARLESBOURG, CELUI-LÀ !

APRÈS LA 1ÈRE SCÉANCE DE QUALIFICATION DE L’ANNÉE, JE DEMANDE AU CHEF-CHRONOMÉTREUR, LEQUEL DES PILOTES AVAIT OBTENU LE MEILLEUR TEMPS : « GILLES VILLENEUVE ! », QU’IL RÉPOND.

J’AJOUTE : « ÉVIDEMMENT, IL FALLAIT SI ATTENDRE ;  C’EST LUI LE CHAMPION. »

« NON, NON, PAS LUI !  C’EST UN NOVICE, UN NOUVEAU !  UN AUTRE GILLES VILLENEUVE…  DE BERTHIER, CELUI-LÀ ! »

LA LÉGENDE ÉTAIT NÉE.  EN FIN DE SAISON, LE NOUVEAU VENU ÉTAIT COURONNÉ CHAMPION ET ON N’ENTENDIT PLUS PARLER DE L’AUTRE GILLES VILLENEUVE QUI PRIT SA RETRAITE LA MÊME ANNÉE.  GILLES VILLENEUVE, LE SEUL, L’UNIQUE, C’ÉTAIT ÇA :  DÈS QU’IL APPARAISSAIT SUR UNE PISTE, IL DÉTRÔNAIT TOUS SES ADVERSAIRES.

AU FIL DES ANS, GILLES ET MOI AVONS DÉVELOPPÉ UNE FORME D’AMITIÉ PROFESSIONNELLE, BASÉE SUR LE RESPECT MUTUEL.  À L’ÉPOQUE OÙ IL FAISAIT SES DÉBUTS EN FORMULE ATLANTIQUE, JE TRAVAILLAIS À PLACE VILLE-MARIE, AU CENTRE-VILLE DE MONTRÉAL.  COMME BIEN DES GENS, JE SORTAIS, LE MIDI, POUR PRENDRE L’AIR.  UN JOUR, COMME ÇA, J’APERÇOIS UNE FORMULE AUX COULEURS DE DIRECT FILM, GARÉE SUR LE PARVIS DE CETTE TOUR À BUREAUX.  PERSONNE AUTOUR.  UN GARS EST ASSIS SUR LA ROUE AVANT ET SEMBLE ROYALEMENT S’EMMERDER.

« QU’EST-CE QUE TU FAIS-LÀ, GILLES ? »

« NOUVEAU COMMANDITAIRE…  (PUIS, AVEC UN PETIT RIRE)  VEUX-TU UNE PHOTO DÉDICACÉE ?  T’ES LE PREMIER QUI M’APPROCHE ;  IL FAUT BIEN QUE JE CASSE LA GLACE !»

DIRE QUE CINQ ANS PLUS TARD, ÇA AURAIT ÉTÉ L’ÉMEUTE !  JE CONSERVE PRÉCIEUSEMENT CETTE PHOTO PORTANT LE SEUL AUTOGRAPHE DE GILLES QUE JE POSSÈDE.  QUAND ON A DES COPAINS, ON NE LEUR DEMANDE PAS D’AUTOGRAPHE.  ON A TENDANCE À CROIRE QU’ILS SERONT AVEC NOUS ÉTERNELLEMENT…

VOUS CONNAISSEZ LA SUITE.  GILLES A DOMINÉ LA FORMULE ATLANTIQUE.  PARTOUT, IL SURPRENAIT ET ÉPATAIT.  COMME À SON PREMIER GRAND-PRIX DE TROIS-RIVIÈRES, OÙ IL SORTAIT DU DERNIER VIRAGE EN DÉRAPAGE CONTRÔLÉ SUR QUATRE ROUES.  JUSQUE LÀ, TOUT LE MONDE CROYAIT IMPOSSIBLE DE FAIRE DÉCROCHER UNE VOITURE DE FORMULE ET DE LA RÉCUPÉRER.  UNE FORMULE, C’ÉTAIT CONÇU POUR COLLER À LA PISTE.  IMPOSSIBLE ?  PAS POUR GILLES.  CE MOT N’EXISTAIT PAS DANS SON VOCABULAIRE.  LES PILOTES INTERNATIONAUX INVITÉS N’EN REVENAIENT TOUT SIMPLEMENT PAS !  QUELQUES ANNÉES PLUS TARD, TOUT LE MONDE FAISAIT DE MÊME EN FORMULE UN !  GILLES VILLENEUVE, C’ÉTAIT ÇA !  UN INNOVATEUR, UN PRÉCURSEUR.

MA PRÉSENCE SUR LA PISTE, POUR DONNER LE QUADRILLÉ AU  VAINQUEUR, POUVAIT RENDRE CERTAINS PILOTES NERVEUX.  JE DEVAIS SOUVENT LEUR RAPPELER DE NE PAS MODIFIER LEUR TRAJECTOIRE, QUE JE ME PRÉ-OCCUPERAIS MOI-MÊME DE MA SANTÉ.  N’ALLEZ SURTOUT PAS CROIRE QUE GILLES ÉTAIT DE CEUX-LÀ.  POUR LUI, LA COURSE ÉTAIT UN SPECTACLE DONT UN DES BEAUX MOMENTS ÉTAIT L’ARRIVÉE.  À CHAQUE COURSE, IL ME DISAIT : « DIS-MOI OÙ TU VEUX QUE JE PASSE ;  ON VA LEUR FAIRE UN SHOW ! »

LORSQU’IL SE PRÉSENTAIT À LA LIGNE D’ARRIVÉE, JE N’AVAIS QU’À POINTER LE SOL DU BOUT DU DRAPEAU, LÀ OÙ JE VOULAIS QU’IL PASSE.  ET IL ROULAIT À CET ENDROIT PRÉCIS, À PLEINE VITESSE, À UN OU DEUX MÈTRES DE MOI.  JAMAIS JE NE ME SUIS SENTI EN DANGER.  AUTANT IL AVAIT CONFIANCE EN MOI, AUTANT J’AVAIS CONFIANCE EN LUI.  GILLES VILLENEUVE C’ÉTAIT AUSSI ÇA !  CONSCIENT DE SES CAPACITÉS ET TOUT AUSSI CONSCIENT DE CELLES DES AUTRES.  POUR S’EN CONVAINCRE, IL SUFFIT DE SE RAPPELER SON MÉMORABLE DUEL AVEC ARNOUX.

QUELQUES JOURS AVANT LE 1ER GRAND PRIX DE QUÉBEC, ALORS QUE JE « MARCHAIS » LE CIRCUIT AVEC LUI, JE LUI FAISAIS REMARQUER QUE LA DERNIÈRE COURBE, AVANT LA LIGNE D’ARRIVÉE, ÉTAIT DANGEREUSE PARCE QU’ELLE PENCHAIT VERS L’EXTÉRIEUR.  UN PEU TROP DE VITESSE ET LA VOITURE RISQUAIT D’ÊTRE DÉPORTÉE DANS LA BARRIÈRE MÉTALLIQUE.  QUELQUES MOMENTS D’OBSERVATION, EN SILENCE.  PUIS GILLES ME DIT :

« T’AS RAISON.  PIS C’EST PARFAIT COMME ÇA.  TOUT LE MONDE VA LEVER LE PIEDS ;  MOI, JE VAIS PASSER DANS L’PLANCHER.  C’EST ICI QUE JE VAIS GAGNER LA COURSE. »

ET C’EST EXACTEMENT CE QU’IL A FAIT !  GILLES VILLENEUVE, C’ÉTAIT ENCORE ÇA !  SANS PEUR ET FIN STRATÈGE.

GILLES A RÉALISÉ SON RÊVE DE COURIR EN FORMULE I.  CE 8 OCTOBRE 1978, LORS DU PREMIER GRAND-PRIX DU CANADA À L’ÎLE NOTRE-DAME, J’ÉTAIS SUR LA PLATEFORME DE DÉPART POUR LE GRAND MOMENT.  COMME TOUS LES QUÉBÉCOIS, J’AI RETENU MON SOUFFLE JUSQU’À LA DERNIÈRE SECONDE.  LORSQUE LA FERRARI #12 A ENTAMÉ SON DERNIER TOUR, JE SUIS DESCENDU SUR LA PISTE POUR LUI PRÉSENTER LE DRAPEAU À DAMIER.  TOUS LES MÉDIAS ONT CAPTÉ CE MOMENT HISTORIQUE POUR LA POSTÉRITÉ.  L’AUTRE GARS, SUR LA PHOTO, C’EST MOI.  JE SUIS FIER D’AVOIR ÉTÉ, CE JOUR-LÀ, LE PREMIER À LUI SERRER LA MAIN.

APRÈS LA REMISE DES TROPHÉS, GILLES S’EST PRÉSENTÉ AU DÉPART POUR ME DEMANDER DE LUI FAIRE CADEAU DU DRAPEAU DE LA VICTOIRE.  À LA BLAGUE, J’AI MENTIONNÉ QUE J’AIMERAIS AUSSI POSSÉDER UN SOUVENIR DE CE GRAND MOMENT.

" JE TE L’ÉCHANGE CONTRE UN DRAPEAU FERRARI AUTOGRAPHIÉ PAR GILLES VILLENEUVE ! » QUE JE LUI DIS ! LE MARCHÉ EST CONCLU ;  JE LUI OFFRE MON DRAPEAU QUADRILLÉ, APRÈS L’AVOIR DÉDICACÉ.

J’AI PEU REVU GILLES PAR LA SUITE.  UNE FOIS PAR ANNÉE, PEUT-ÊTRE DEUX.  MAINTENANT QU’IL PARCOURAIT LE GLOBE À LA POURSUITE DU CHAMPIONNAT DU MONDE DES PILOTES, LES OCCASIONS DE SE RENCONTRER SE FAISAIENT PLUS RARES.  POURTANT, LORS DE SES PRÉSENCES AU GRAND-PRIX DE MONTRÉAL, IL NE MANQUAIT JAMAIS DE VENIR ME SALUER SUR LA LIGNE DE DÉPART.

TRÈS TÔT LE MATIN, LE JOUR DE LA COURSE, NOUS PRENIONS LE PETIT-DÉJEUNER ENSEMBLE.  C’EST DEVENU UNE SORTE DE RITUEL.  JE CROIS QU’EN CES MOMENTS HAUTS EN TENSION, IL APPRÉCIAIT MES SILENCES OU MA PROPENSION À PARLER D’AUTRES CHOSES QUE DE COURSE AUTOMOBILE.  ET NOUS N’AVONS JAMAIS REPARLÉ DE CE FAMEUX DRAPEAU FERRARI…

PETIT À PETIT, LES RESPONSABILITÉS DU PRÉPOSÉ AU DÉPART SE SONT AMENUISÉES.  LORS DU GRAND PRIX DE 1980, J’AI APPRIS QU’ON NE VOULAIT PLUS QUE JE DESCENDE SUR LA PISTE POUR DONNER LE DRAPEAU, MÊME SI PARTOUT EN EUROPE ON MAINTENAIT LA TRADITION.  PROFITANT DE LA VISITE DE GILLES ENTRE DEUX QUALIFS, JE LUI APPRENDS LA DÉCISION QU’IL QUALIFIE D’EMBLÉE DE RIDICULE.

COMME TOUT VILLENEUVE QUI SE RESPECTE, GILLES ADORE OFFRIR UN SPECTACLE.  IL ME FAIT PROMETTRE QUE S’IL REMPORTE LA VICTOIRE, JE DÉFIERAI LES AUTORITÉS ET DESCENDRAI SUR LA PISTE POUR LUI DONNER LE DRAPEAU.  J’EMBARQUE, MÊME SI JE DOIS ME FAIRE DÉGOMMER !  MALHEUREUSEMENT, SA CINQUIÈME PLACE, CETTE ANNÉE-LÀ, NE NOUS A PAS PERMIS DE METTRE NOTRE PLAN À EXÉCUTION.  GILLES VILLENEUVE, C’ÉTAIT AUSSI ÇA !  UN REBEL, TOUJOURS PRÊT À DÉFIER L’ORDRE ÉTABLI.

QUELQUES MOIS PLUS TARD, J’APPRENDS QUE GASTON PARENT, SON GÉRANT ET AMI, A REÇU UN TUBE D’EXPÉDITION QUI M’EST DESTINÉ.  LORSQUE JE METS LA MAIN DESSUS, J’EN SORS UN SUPERBE DRAPEAU EN SOIE DE LA SCUDERIA FERRARI !  PLUS DE DEUX ANS APRÈS SA VICTOIRE À MONTRÉAL, GILLES S’EST SOUVENU DE SON COPAIN ET A TENU SA PROMESSE.  JE ME SUIS BIEN PROMIS DE LE FAIRE AUTOGRAPHIER LORS DE SON PROCHAIN PASSAGE À MONTRÉAL.  GILLES VILLENEUVE, C’ÉTAIT ENCORE ÇA !  JAMAIS IL N’OUBLIAIT UNE PROMESSE.

 AU GRAND PRIX SUIVANT, J’AI MALENCONTREUSEMENT LAISSÉ LE DRAPEAU À LA MAISON.

" QU’IMPORTE, QUE JE ME DIS, JE ME REPRENDRAI L’AN PROCHAIN."

MAIS ÇA NE DEVAIT PAS ÊTRE.  LE 8 MAI 1982, COMME TOUS AU QUÉBEC, J’APPRENDS, SUR LES ONDES DE LA RADIO, QUE GILLES A ÉTÉ IMPLIQUÉ DANS UN EFFROYABLE ACCIDENT SUR LE CIRCUIT DE ZOLDER.  CETTE ANNÉE-LÀ, J’AI ASSISTÉ POUR LA DERNIÈRE FOIS  -  EN SPECTATEUR  -  AU GRAND-PRIX DU CANADA…  LE DRAPEAU FERRARI QUI ORNE ENCORE LE MUR DE MON SALON, NE PORTERA JAMAIS LA SIGNATURE DE GILLES.  MAIS POUR MOI, ÇA N’A PAS VRAIMENT D’IMPORTANCE :  CE DRAPEAU N’A PAS DE PRIX, PARCE QUE C’EST LE CADEAU D’UN COPAIN.

20 ANS QUE GILLES NOUS A QUITTÉ, 20 ANS QUE J’AI ABANDONNÉ MES DRAPEAUX…  AUJOURD’HUI, JE M’INTÉRESSE MOINS À LA COURSE AUTOMOBILE.  JE SUIS PASSÉ À AUTRE CHOSE.  MES PENSÉES S’ARRÊTENT RAREMENT SUR LE GRAND CIRQUE DE LA FORMULE UN.  MAIS QUAND ELLES LE FONT, JE PENSE INÉVITABLEMENT À GILLES VILLENEUVE ET À L’ÉPOQUE OÙ CELUI QUI PRENAIT PLACE DERRIÈRE LE VOLANT, FAISAIT ENCORE LA DIFFÉRENCE !  POUR MOI, IL N’Y AURA JAMAIS D’AUTRE PILOTE COMME GILLES VILLENEUVE.  S’IL ÉTAIT PARMI NOUS CE SOIR, JE LUI DIRAIS :

« SALUT GILLES !  MERCI POUR TON AMITIÉ ;  MERCI POUR TOUTES CES ÉMOTIONS QUE TU NOUS A FAIT VIVRE !  MÊME APRÈS 20 ANS, ON SE SOUVIENT TOUJOURS DE TOI ! »